TOSCA

de PUCCINI, mise en scène (dir musicale Alexandra Cravero),
Nuits lyriques de Bazoches.

Un polar lyrique

Une diva passionnée, un chef de police sicilien, un peintre amoureux, un révolutionnaire en fuite, une église, une enquête — où s’est caché le révolutionnaire ? qui sont ses complices ? — un suspense — la diva tombera-t-elle dans les filets du chef de la police ? — des suicides, un crime, une exécution, les ingrédients d’un polar politique sont là.
Un polar un peu particulier, un polar lyrique avec amour, passion, perversion, cruauté, mort.
Floria Tosca est l’amante flamboyante du peintre Mario Cavaradossi. Tosca n’est pas de naissance noble. Enfant elle gardait des chèvres. Sa puissance c’est son chant et sa beauté. Sa place n’est pas si sûre, elle la défend bec et ongles et la Madeleine aux yeux bleus que peint son Mario devient vite une terrible rivale. Elle est très loin des idées libérales de son amant mais elle brave avec une audace inouïe la violence et le vice de Scarpia, le chef de la police, lorsque la vie de Mario est en jeu.
L’affrontement entre Tosca et Scarpia est une lutte entre deux formes de puissance : celle de l’art et de la foi contre la toute puissance d’un pouvoir policier et mafieux.
L’envergure des personnages vient de leurs contradictions, c’est par un double coup de théâtre qu’au final, le jeu se renverse et se dénoue.

Les Nuits Musicales de Bazoches ont une règle du jeu : l’église est le lieu du spectacle, l’église exige que nous inventions à partir d’elle le lieu du drame.
Avec quelques éléments sobres de décor et de lumière, il s’agit de créer la possibilité de la fiction.
L’église est l’espace rêvé du premier acte : l’action se passe en Sant’Andrea della Valle. Nous sommes peut-être à Rome, peut-être ailleurs, là où le pouvoir ne tolère aucun signe d’opposition et où l’amour se donne la force de transgresser les interdits.
Nous imaginons que Scarpia, le chef de la police avec le pouvoir dont il dispose, fait monter un bureau de fortune dans l’église pour y régler cette affaire courante et non moins urgente, une double affaire : plier la belle Tosca à son désir et achever son révolutionnaire de Mario.

Claudine Hunault, metteur en scène et Emilie Roy, scénographe.