DES CHOSES ABSOLUMENT FOLLES
Editions Modulaires Européennes, collection Lire en psychanalyse, mai 2012.

Une lecture du Très-Haut qui propose une dramaturgie du fantasme dans le roman de Maurice Blanchot. Le Très-Haut est un récit très physique, très organique même où le corps est un théâtre d’opérations d’où jaillit un flux quasi ininterrompu de signes. Le corps, en particulier celui de Sorge, et celui des femmes qui le rencontrent, est un espace fluctuant, parfois précisément dessiné, parfois distendu jusqu’à se fondre dans ce qui n’est pas lui, espace de perception, espace de percussion, livré en grand combat aux intrusions du réel. Car le fantasme s’accroche sur du concret et se déploie à partir de lui, une jambe nue, un morceau de peau, le reflet glacé d’une photographie, un insecte affolé sur un mur... Tout ce que le regard peut découper sur le corps ou prélever dans l’espace – et ce sera encore du corps, en reflet (dans la photographie), en sécrétion (un éclat laiteux sur une vitre), en pulsion (l’insecte) – est susceptible de faire objet, d’être momentanément objet absolu.